Suede
Black Session #059

Suede

04/10/1994 | 04/10/1994 | Studio 105 | de 21h00-22h00

À propos de cette session

Écouter l'intro

L’air moite de l’automne parisien s’engouffre ce soir-là dans le Studio 105 avec une odeur de soufre, de laque et de velours râpé. Dans le temple feutré de France Inter, le public s’entasse, fiévreux, conscient que l’atmosphère n’a plus rien à voir avec les ritournelles pop des semaines passées. Le groupe traverse alors la crise la plus cruciale de sa jeune histoire, amputé de son guitariste fétiche Bernard Butler. Pourtant, derrière sa vitre, Bernard Lenoir s'apprête à lancer un pari fou : présenter au public un gamin de dix-huit ans qui joue sa peau en direct, à quelques jours de la sortie du titanesque et ténébreux Dog Man Star.

OUVERTURE D'ANTENNE

« Un album qui sortira le 18 octobre et maintenant je compte sur vous pour encourager Suede et surtout le petit nouveau Richard qui pour la première fois va se produire en public avec Brett Anderson, Matt et Simon. Suede. »

— Bernard Lenoir

L’assaut commence sans sommation. Brett Anderson s'empare du micro comme on saisit une arme et les premières notes de This Hollywood Life déchirent l'acoustique parfaite de la salle. C'est une entrée en matière hargneuse, presque arrogante, portée par un chant théâtral qui pushes les murs du studio. En un instant, le public chauffé à bloc bascule. Sans laisser le temps de reprendre son souffle, la bande enchaîne avec le rythme martial et l'urgence dystopique de We Are The Pigs. Sur scène, c'est l'explosion : une pluie de confettis et de ballons multicolores s'abat sur le groupe, transformant la session radiophonique en un grand cabaret décadent.

L'ÉTINCELLE DU DIRECT

« We Are The Pigs, un des temps forts du nouvel album de Suède, le deuxième Dog Man Star. Ballon multicolore confettis, le fan club sait recevoir. »

— Bernard Lenoir

La lumière se tamise pour laisser place à une langueur vénéneuse. Le set plonge dans Heroine, une complainte toxique et romantique où la basse de Mat Osman dessine une rythmique chirurgicale. Tous les regards convergent alors vers la gauche de la scène, là où le tout jeune Richard Oakes, impassible du haut de ses dix-huit ans, aligne les accords avec une maturité insolente. Pendant ce temps, Brett s'amuse de la cohue, transformant la scène en un terrain de jeu improvisé au milieu des premiers rangs venus s'agglutiner contre les retours.

LE FOCUS DE LA RÉGIE

« Mais il est parfait ce nouveau guitariste de Suède, Richard Oakes. Évidemment, tous les regards convergent vers lui [...] Tout jeune, 18 ballets, nettement plus jeune que les autres. Quant à Brett, il joue au foot avec tous les ballons qu'il a maintenant à ses pieds puisque tout le fan club est descendu rejoindre le groupe sur le devant de la scène. »

— Bernard Lenoir

Après la halte cinématographique de The Wild Ones, évocation vibrante du romantisme noir à la Marlon Brando, Suede sort ses griffes de l'ombre avec la féroce face B Killing Of A Flashboy. Brett Anderson, impérial tout de noir vêtu dans son armure de cuir étroite, fête ce soir-là son anniversaire dans l'intensité de la scène. Le concert bascule ensuite dans son moment le plus vertigineux : les neuf minutes monumentales de The Asphalt World. C'est le véritable examen de passage pour Richard Oakes, qui détend le temps radiophonique à grands coups de vagues de guitares progressives et étouffantes, hypnotisant un Studio 105 plongé en pleine transe urbaine.

Pour s'arracher à cette obscurité, le quatuor injecte l'adrénaline de New Generation, hymne électrique joué ici en exclusivité mondiale absolue, avant même que l'Angleterre n'y goûte. Mais le véritable sommet dramatique survient lorsque s'élèvent les premières notes de Still Life. Dépouillé des arrangements de cordes massifs de l’album faute de moyens lors de son premier jet, le morceau se déploie dans une nudité acoustique bouleversante, portant la voix d'Anderson vers des hauteurs vertigineuses.

COULISSES D'UN CHEF-D'ŒUVRE

« Magnifique version de Still Life. Version acoustique bien sûr [...] C'est un titre qu'ils avaient préparé pour le premier album. Ils n'ont pas eu les moyens de se payer justement ces fameux arrangements. Et ils l'ont gardé pour le suivant, Dog Man Star... »

— Bernard Lenoir

Alors que le morceau s'éteint, Suede esquisse une fausse sortie, mais la régie et le public en veulent encore. Porté par l'efficacité impeccable de cette formation millimétrée, le groupe revient instantanément sur scène sans se faire prier. Lenoir savoure le contraste saisissant avec les pépins techniques de la semaine précédente, saluant la rigueur absolue des Londoniens. En guise de point final, refusant le confort d'un salut poli, Suede replonge dans l'urgence brute de ses débuts avec l'implacable He's Dead, laissant les amplis fumer dans le silence retrouvé du studio. La bande magnétique s'arrête. Suede est passé, royal, solitaire et impérial.

Line-up En Action

• Brett Anderson : Chant. Impérial tout de noir vêtu, habité par une théâtralité dramatique et jouant au football avec les ballons du fan club.
• Richard Oakes : Guitare. Le « petit nouveau » de seulement 18 ballets, recruté à la quatrième audition pour succéder à Bernard Butler.
• Mat Osman : Basse. Sobriété, rigueur et élégance indispensables à la tenue des structures amples et sombres de cette session.
• Simon Gilbert : Batterie. Frappe lourde, précise, colonne vertébrale des mouvements complexes du set.

En Écoute

  • #1.This Hollywood Life Suede
  • #2.We Are The Pigs Suede
  • #3.Heroine Suede
  • #4.The Wild Ones Suede
  • #5.Killing Of A Flashboy Suede
  • #6.The Asphalt World Suede
  • #7.New Generation Suede
  • #8.Still Life Suede
  • #9.He's Dead Suede
Direct
Coupé
Rediffusé
Cover
Vidéo
Ce concert a été mis à disposition sans l'autorisation des groupes, de l'artiste et/ou de France Inter. Si vous êtes représentant d'une de ces parties et que vous souhaitez que le concert soit retiré, merci d'utiliser la page contact.
This concert is available without official authorization. If you represent the artist or France Inter and wish its removal, please contact us.

Avis des auditeurs

Aucun commentaire n'a encore été saisi pour cette session.

Laisser un commentaire
BS #059
Note de la session
9.0 /10
Basé sur 3 avis de fans
Cliquez sur une étoile pour voter

Setlist

9 titres
# Titre Statut Cover
Feat.
01 This Hollywood Life
02 We Are The Pigs
03 Heroine
04 The Wild Ones
05 Killing Of A Flashboy
06 The Asphalt World
07 New Generation
08 Still Life
09 He's Dead

Liens associés

Disponibles
Absence de liens pour cette session.

Galerie Photos

Pochettes personnalisées

Carton d'invitation